Month: février 2017

Cultures, politesse et étranger

À propos des petits enfants et de leur relation aux adultes, Alain écrivait ceci : « J’ai souvenir d’un père indiscret qui voulait jouer aux soldats de plomb avec nous enfants ; je voyais clairement qu’l n’y comprenait rien ; son propre fils montrait de l’humeur et renversait tout. Les grandes personnes ne doivent jamais jouer avec les enfants ; il me semble que le parti le plus sage est d’être réservé avec eux comme on le serait avec un peuple étranger » (Propos sur l’éducation, 13). Cette distance à ce que l’on sait étranger est ce qu’il nomme politesse, qui n’exclut ni la curiosité ni l’indifférence. Continue reading

La nature comme telle

Le fait est que mon regard et mon esprit, lorsqu’il s’agit du spectacle de la nature, ont été orientés, dominés, par avance prévenus. La ou les forêts, étaient par exemple forcément Russes, de même pour les plaines, forcément allemandes, ou les fleuves, les rivières. Le bocage normand par exemple encore. Et sans doute qu’une rapide réflexion m’aurait permis de dire que des forêts, des plaines, des bocages il y en avait sans doute partout, qu’ils ou elles se ressemblaient, du moins à l’échelle d’une zone géographique déterminée. Mais c’est une réflexion que je ne me faisais pas : j’aimais me dire que la forêt était russe, ou bourguignonne, ou, etc. …. Il fallait un lieu et ce lieu devait être dit selon une nomenclature humaine. Continue reading

tongs

Cet été, j’ai pu marcher en tongs.

Cela est nouveau pour moi. Jusqu’à maintenant, je n’avais guère supporté de marcher en tongs. C’est chose faite maintenant, et je trouve que cela va, que cela me va comme un gant. On dira : je me suis adapté. Mais pas vraiment, dans la mesure où je n’ai guère essayé, je n’ai guère insisté, et cela n’est pas venu peu à peu. J’avais par les années passées, souvent essayé, mais très vite j’avais abandonné. Je n’aimais guère ces chaussures, elles ne m’allaient pas, j’étais embarrassé d’elles, je les sentais un peu trop, je devais recroqueviller mes orteils, intentionnellement et faire effort pour les tenir. Voilà que cela me va maintenant. Continue reading

combats

Le fait est que je n’accepte guère que la critique d’une croyance ou d’une posture sociale quelconque se ramène à la dénonciation de la bêtise ou de la pure recherche d’intérêt personnel de ceux qui la véhiculent. Ceux qui prétendent disqualifier une position ainsi ne me convainquent jamais. Généralement, ma première attitude est de dire qu’il y a dans ce qu’ils dénoncent certainement un peu plus que ce qu’ils en disent (alors même que je n’en sais rien) et je me retrouve alors à défendre des positions ou des croyances avec lesquelles par ailleurs je n’ai pas particulièrement d’affinité, et qui me semblent effectivement à moi aussi un peu « débiles » et violentes, mais sans que je m’autorise à le dire. De là que souvent je puisse donner l’impression d’être conduit par un simple esprit de contradiction, dont je me défends mal.
D’où me vient cet empêchement ? Continue reading

© 2018 Hubert Vincent

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